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Wakeupterre

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Écologie, environnement, politique, psychologie, croyances, relations humaines, spiritualité... Un changement de société commence par se changer soi-même !


La brieveté de la vie

Publié par Aurélie Loultcheva sur 10 Juin 2017, 22:48pm

Catégories : #Dénonciation, #Auteurs, #Réflexions

La brieveté de la vie

J'aimerais aujourd'hui vous parler du dernier livre que j'ai lu : "de la brièveté de la vie" de Sénèque, philosophe du 4ème siècle avant J-C ! Ce que nous apprend ce célèbre penseur, c'est l'absolue nécessité de profiter de sa vie, de vivre une vie qui nous ressemble et surtout, comment faire pour y arriver.

 

Vieillir, sans toujours vivre

 

Pour lui, il faut différencier les années qui passent des années qu'on vie. Les années qui passent sont relatives à une notion de temps, temps qu'on ne peut pas contrôler. A l'inverse, la notion des années vécues est relative à une certaine manière de vivre. Pour Sénèque, on peut bien être centenaire, être ridé avec les cheveux blancs, ce n'est pas pour autant qu'on a réellement vécu 100 ans.

En effet, il nous invite à réfléchir combien d’années nous avons perdu à nous disputer, à jalouser, à regretter, à se plaindre. Combien d'années avons-nous perdu en laissant notre vie entre les mains de nos parents, d'un frère, d'un patron ou des politiciens. Combien d'années n'avons-nous pas passé à nous inquiéter de l'argent, des factures, de notre travail, ou tellement de choses futiles. En réalité, nous ne vivons pas, mais nous passons toute une vie à apprendre à vivre, et lorsque l’on a enfin la réponse, c’est la vie qui nous quitte.

 

Sommes-nous vraiment libres ?

 

Beaucoup d’entre nous ne sommes pas libres ou alors, pour essayer de se donne bonne conscience, nous nous disons « libre à moitié ». Mais c’est absurde ! Soit on est libre, soit on ne l’est pas. Sénèque donne la qualité suprême pour être ultimement libre sur cette terre : être un sage. En effet, Sénèque dit : « Jamais un sage ne sera libre à moitié, lui dont la liberté est toujours indivisible et sans faille, lui qui est libre de toute attache, complétement indépendant et au-dessus de tous les autres. Car qu’est-ce qui pourrait bien être au-dessus d’un homme qui est au-dessus de la fortune ? ».

 

Il nous montre par-là que, nous sommes tellement soumis aux regards des autres et à l’argent, qu’il est impossible que nous soyons libres. Ne serait-ce que parce que dans notre inconscient le plus fou, nous avons besoin d’argent pour : manger, s’abreuver, se loger, bref, pour vivre quoi ! La plupart de nos peurs quotidiennes, qui nous paralysent, sont de savoir ce que nous allons bien pouvoir manger demain, si on aura encore assez de sous pour payer le loyer, rembourser notre crédit à la banque ou partir en vacances. Ces peurs ne nous laissent jamais tranquilles et le pire dans tout ça, c'est qu'on apprend pas aux futures générations à s'en libérer. On pense encore que pour se libérer de ces peurs, il faut de l'argent, toujours plus d'argent. Comme si l'argent rendait libre...

 

Nos vies entières sont tournées vers l’argent et vers les peurs de manque qu’il suscite. Comment pouvons-nous nous prétendre libre quand nous passons la majorité de notre vie dans la peur, comment pouvons-nous nous prétendre libre alors que la peur du manque d’argent surpasse tout le reste ? C’est ce que nous dit l’auteur de ce livre, rien ne peut être au-dessus d’un homme qui est au-dessus de l’argent. Rien ne peut faire peur à un homme qui n'a pas peur de manquer d'argent. Il sait par dessus-tout, que la vie continue et qu'elle continuera d'être, avec ou sans l'argent. Il sait que ce n'est pas lui qui a fait, qui fait ou qui fera tourner le monde.

 

Par conséquent, il montre que nos préoccupations futiles et superficielles qui sont, malheureusement quotidiennes, montrent en nous même que nous n’avons aucune compréhension de la valeur de la vie.

 

Comprendre la valeur du temps

 

Depuis petit, on nous enseigne la valeur de l’argent, la valeur du travail, du diplôme, mais qui nous explique quelle est la valeur de la vie ? Personne. Car si c’était le cas, on aurait déjà tous abandonné nos boulots, ces grandes villes qui nous oppressent avec ses centaines de bannières publicitaires et ces milliers d’usines et de voitures qui nous empoisonnent l’air. Si c’était le cas, on se serait déjà tous rendu compte que nous ne vivons pas, nous survivons en attendant que la mort ne vienne nous chercher, comme tout le monde.

 

Nous menons une vie qui ne nous appartient pas. Petit, nous appartenons à nos parents, ensuite nous appartenons à nos professeurs avant d’appartenir à un patron qui nous dira quand prendre congé et profiter de la vie pendant ces cours instants de bonheur. « Mais il y a des gens qui aiment leur travail » disent-ils pour essayer de contre-argumenter. Peut-être bien que oui, mais trouvez-moi une seule personne qui aime que sa vie ne lui appartienne pas ? Vous n'en trouverez pas. Et pourtant, tous, à cette question, vous répondez majoritairement que c'est la vie, c'est ainsi, c'est tout.

 

Du danger d'être toujours occupé

 

Sénèque dit : « Examine de près tous leurs emplois du temps, vois tout le temps qu’ils passent à calculer, à ruser, à craindre, à courtiser, à se faire courtiser, combien de temps leur prend de se porter garants ou de se trouver des garants, sans parler des banquets qui sont bel et bien désormais des obligations : tu verras comment leurs maux comme leurs biens ne les laissent pas respirer ». Un homme surmené ne peut vivre, dit Sénèque, car ses trop nombreuses préoccupations ne le laissent jamais se reposer.

 

Tant d’hommes, nous dit-il, se sont débarrassés de leurs biens, de leurs fonctions ou de leurs richesses pour dédier le reste de leur vie à l’apprentissage de la vie, de la nature, des cours d’eau et des animaux. Au fond de nous, nous savons que la vraie vie est là mais nous nous obstinons à ne pas voir. Sénèque dit : « il faut être un grand homme, crois-moi, un homme au-dessus des égarements humains, pour ne rien laisser prélever sur son temps et si sa vie est très longue, c’est précisément parce que, quelle que fût sa durée, elle est restée à sa libre et entière disposition. Voilà pourquoi le temps lui a suffi alors qu’il fait nécessairement défaut à ceux dont la vie est, pour une grande partie, livrée à la foule ».

 

Il nous montre comment, de notre non-liberté, nous en sommes en grande majorité conscients. Qui n’a jamais entendu dire son père, sa mère, sa sœur, un ami ou un collègue dire « mais on ne me laisse pas vivre ! ». Et pourtant, cette plainte a intégré notre quotidien, et la résignation aussi.

 

De la peur de vieillir

 

Pourquoi a-t-on peur de vieillir ? A partir d’un certain âge, on ne veut plus voir les années défiler. Pourquoi ? Si on était heureux de vivre, on ne craindrait pas le lendemain. Lorsqu’on vit son jour comme le dernier, on a plus peur de prendre de l’âge car chaque jour supplémentaire est un fabuleux cadeau de la vie. Mais lorsque l’on passe ses journées à vouloir être ailleurs, à préférer faire autre chose, à être grincheux de se lever pour aller au travail et d’aller se coucher pour ne pas être le lendemain, alors vieillir devient un fardeau.

 

Ainsi, ce n’est pas parce qu’un homme a les cheveux blancs et le visage ridé qu’il a vécu longtemps. Vivre, ce ne sont pas les jours qui défilent ! Vivre, est une manière d’être, un état d’esprit, un vent de liberté que beaucoup ne connaissent pas. On a appris à chérir les biens matériels, à estimer leur valeur. Mais qu’en est-il des biens immatériels comme le temps ou la vie qu’on estime même plus, ou à un prix très bas ? Alors qu’il est plus précieux que n’importe quel bien car ce bien là, on en a qu’un. Si notre télévision casse, on peut aller en rechercher une au magasin. Mais si nous ne prenons pas soin du temps et de la vie qui nous est donné, en aura-t-on une autre ?

 

Ceux qui réfléchissent à long terme dans nos sociétés sont jugés prévoyants, à l'inverse, ceux qui réfléchisse à court terme sont jugés immatures et imprévisibles. Il faut investir dans son avenir nous disent-ils, penser à son boulot, à sa situation dans quelques années... Cela paraît normal dans notre société. Et pourtant, il n’y a rien de pire de remettre le moment de vivre à plus tard.Il n'y a rien de pire de tenter d'investir dans son avenir quand on n'a jamais su prendre vraiment soin de son présent.

 

Les gens sereins qui prennent le temps de vivre, prennent également le temps de faire une introspection sur eux même. Ils prennent le temps d’examiner leur passé, de le revivre autant de fois qu'ils le veulent. Pour ces gens, leur vie et leur passé leur appartiendront à jamais. Par contre, les gens pressés, qui courent dans tous les sens, n’ont pas le temps de penser sur eux-mêmes et avancent sans se retourner, comme si leur vie et leur passé sombrait dans l’oubli. Trop de gens ne vivent pas, mais ne s'en rendront compte qu'une fois sur leur lit de mort. 

 

Sénèque finit par : « Mieux vaut être comptable de sa propre vie que de l’approvisionnement en blé de l’Etat ».

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