Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Wakeupterre

Wakeupterre

Écologie, environnement, politique, psychologie, croyances, relations humaines, spiritualité... Un changement de société commence par se changer soi-même !


Le rapport parents/enfant

Publié par Aurélie Loultcheva sur 20 Février 2017, 00:54am

Catégories : #Relations humaines

 

 

"Depuis notre plus tendre enfance nous apprenons que la vie consiste à accumuler des biens et des connaissances sans jamais remettre en question la valeur intrinsèque de ces biens et connaissances et leurs répercussions sur le monde. Depuis notre plus tendre enfance nous suivons les voies toutes tracées de la société sans même imaginer qu’ils puissent en exister de plus véritables. Souvent nous n’imaginons pas même pouvoir remettre en question notre éducation et la personnalité qu’elle a façonnée. L’enfant durant les premiers instants de sa vie, toujours connecté à la source de la création, ne connait pas la peur de l’avenir. Durant ces années, la vie se suffit à elle-même, le bonheur est inconditionnel. Le stress généré par la société nous coupe de notre nature profonde et maintient l’humanité dans l’inconscience comme en atteste l’état de chaos vers lequel nous semblons nous diriger : l’économie devient incontrôlable et la nature en périe plus vite que jamais. La société est en décalage avec l’évolution des esprits et le fossé qui nous sépare maintenant de nos parents."

 

La famille, premier lieu de socialisation

 

Dans notre vie, on connait plusieurs lieux de socialisation : l'école, le travail, un club de sport ou d'échec, etc. Mais le premier d'entre eux, et le plus important pour l'enfant encore petit, c'est sa famille, et en particulier : ses parents. Si on considère que l'enfant nait neutre et vierge de toutes connaissances, opinions et constructions mentales, c'est donc au sein de sa famille qu'il acquierera ses premiers savoirs et influences qui, plus tard, fonderont ses premières opinions. Il est donc primordial qu'il naisse et grandisse dans un environnement sain.

 

Alors sain ne veut pas dire : nourrir, loger, habiller l'enfant. Ce serait trop facile. Sain veut plutôt dire de donner à l'enfant toutes les ressources qui lui seront nécessaires afin qu'il s'épanouisse et qu'il apprenne à s'affirmer plus tard, en tant qu'adulte, avec SA personnalité qui lui est propre.

 

En clair, c'est lui donner et lui transmettre ce qui sera nécessaire pour qu'il puisse vivre de manière indépendante et autonome, qu'il puisse faire face à n'importe quelle situation et qu'il puisse devenir un adulte responsable et sur de lui. Si aujourd'hui on apprend à l'enfant à se soumettre et à obéir, pour une vie plus saine, ce serait plus l'inverse qu'il faut enseigner. C'est à l'enfant ou au jeune à choisir les autorités qui lui paraissent légitimes. Si on veut bien faire, il faut lui apprendre à se servir de ses mains, à construire une maison, à jardiner et entretenir un potager, à cultiver son imaginaire et sa soif d'apprendre, à connaitre ses droits, à le pousser à vivre ses rêves, etc. Parce que si l'enfant nait au sein d'une famille, il est absolument nécessaire qu'il puisse exister en dehors du cercle familial. Et ce ne sera pas le cas si les parents décident de tout, disent comme il faut penser et comment il faut agir. Et pour cela, les deux ingrédients qui sont les plus importants c'est : l'amour inconditionnel et l'écoute attentive.

 

L'amour inconditionnel c'est ce qui a de plus important : montrer à son enfant qu'on l'aime QUOI QU'IL ARRIVE, peu importe sa personnalité, ses faiblesses, ses envies, la vie qu'il mène, lui montrer que l'amour qu'on lui importe dépasse et transcende tout. C'est l'écouter attentivement, lui demander qui il est, ce qu'il veut dans la vie et pourquoi, et s'il ne le sait pas, c'est chercher avec lui ce qui le fait vraiment vibrer dans la vie. Il ne s'agit pas de lui imposer quoi que ce soit mais de construire avec lui la vie qu'il a envie de mener.

 

Mais dans les faits...

 

Après avoir présenté briévement comment devrait être la relation parents/enfant, nous allons comprendre pourquoi nous sommes si loin du but et pourquoi tant de familles vivent dans le stresse, l'angoisse, sont parfois déchirées, dans l'incompréhension mutuelle la plus totale. On comprendra pourquoi tant de jeunes se disputent avec leurs parents et décident, parfois précocement, de quitter le domicile familial pour s'installer seul...

 

Le problème de notre société, c'est le contrôle. Nous avons tendance à vouloir TOUT contrôler, tout posséder, tout diriger. Nous avons une fâcheuse tendance à vouloir dominer l'autre, et quand notre statut nous le permet, nous nous en privons rarement : le patron sur ses employés, le professeur sur ses élèves, la police sur les citoyens, et... les parents sur les enfants ! Et oui ! Les parents représentent, dans notre inconscient, et pas que, puisque c'est communément admis par la société, une figure d'autorité ! Rares sont les parents qui veulent du mal volontaire et intentionnel à leur enfant, rares sont ceux qui exerce un pouvoir de domination conscient sur l'enfant, et pourtant, il est bien là...

 

Aujourd'hui, sur base de prétexte qu'il faut éduquer le jeune, on se permet tout, jusqu'à éteindre son imaginaire, sa créativité et casser sa personnalité. Pourquoi ? Parce que très rares sont les parents qui vont permettre à leur enfant de mener la vie qu'il souhaite mener. Il est trop petit, pas assez grand, pas assez mature pour savoir ce qu'il veut diront-ils. Et plus tard, ils brideront les rêves de l'enfant en lui répétant sans cesse que : l'école est obligatoire, passer par un travail est obligatoire, gagner de l'argent est obligatoire, etc. Quasi tous les parents ne cessent de répéter cela en boucle. L'enfant s'enferme alors dans cette logique que c'est le seul moyen pour réussir sa vie, que c'est le seul chemin à prendre et qu'il n'en existe pas d'autre. Il laisse de coté son imaginaire, ses rêves, sa créativité et les milles et unes possibilités qui existent en dehors de ça, pour se conformer, comme l'attendent ses parents.

Des parents qui, se croyant plus savants car eux "ont de l'expérience, connaissent la vie et comment elles fonctionnent" comme ils le disent empêchent l'enfant de pouvoir se forger une personnalité et une identité. La valorisation du travail est telle qu'aujourd'hui, on n'existe plus que par son travail, que notre identité : c'est notre métier. Il n'est pas rare que, lorsqu'on demande à quelqu'un ce qu'il fait dans la vie, il répondra automatiquement par son métier. Les parents ont grandi et restent dans ce schéma de pensé et essayent, depuis notre plus tendre enfance, de nous l'imposer, sans jamais le remettre en question. Beaucoup d'adolescents décrochent scolairement, rentrent en conflit avec leurs parents qui ne cessent de répéter en boucle que : les études c'est important, c'est ça qui assure un avenir. Le jeune se sent alors pris au piège entre ce que les parents lui disent et ce qui lui veut et/ou ressent.

 

Alors ils deviennent nos gendarmes privés. Vérifient qu'on ne s'écarte pas trop de la norme, s'assurent qu'on fréquente des personnes qui nous feront rester dans cette norme, scrutent de prêt les points scolaires pour voir si on ramène "de bonnes notes", en quel cas papa et maman ne seront pas contents ! Ils ne peuvent se rendre compte de la violence qu'ils exercent en ne prononçant juste pas cette simple phrase : "et toi, qu'est-ce que tu veux faire de ta vie ?". Tout simplement parce qu'ils ont déjà choisi la vie que l'enfant devra mener. Ils leur laissent juste l'illusion du choix en lui permettant de choisir ses études et la filière dans laquelle il étudiera. Et si l'enfant ne fait pas d'études, alors il a le choix d'aller travailler. L'enfant n'a donc AUCUNE liberté d'action ni de mains mises sur sa propre vie ! On crée alors des enfants incapables de se débrouiller, incapables de comprendre le monde, incapables de penser par eux-mêmes puisque les parents pensent pour eux !

 

L'amour conditionnel

 

Comme expliqué au dessus, dans l'idéal, des parents devraient offrir à leur enfant un amour inconditionnel. Sauf qu'aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Les parents sont contents, tant que l'enfant ne s'écarte pas trop de leurs normes, qu'il obéit et se soumet aux règles établies par les parents. Si tel n'est pas le cas, pour peu qu'il s'éloigne du carcan de leurs parents, les conflits débutent, les remarques fusent et l'enfant devient : "un enfant à problèmes". Et dans ce type de situation, ce n'est jamais de la faute des parents puisque c'est l'enfant qui dévie de la norme. De plus, ils culpabilisent l'enfant en le comparant. Ils ne se rendent pas compte du poids de leur mot, de la violence qu'ils puissent faire à leur gosse quand ils leur disent : "l'enfant de ma collègue, lui au moins, il a de bonnes notes !", "je suis honteux quand je dois parler de tes résultats scolaires". Ces comparaisons placent alors l'enfant dans une compétition dont il n'a pas voulu. On lui apprend la compétition, on lui apprend que, socialement, il faut qu'il passe bien !

 

Alors, on lui inflige une deuxième violence ! Celle de lui faire croire qu'il est un enfant à problème et qu'il doit aller consulter. Les enfants non conformes ne sont pas des enfants qui ont des troubles psychologiques mais bien des enfants qui sont en mal de société, qui ne trouvent pas de but ou de sens à leur vie. Des enfants à qui cette société ne convient tout simplement pas. Et imposer à son enfant notre propre façon de voir la vie est criminel car cela empêche tout simplement de développer la sienne.Trop de parents envoient leur enfant chez des psy pensant bien faire mais ne se rendent pas compte encore une fois de la violence que c'est pour l'enfant qui se dit : "ils ne veulent pas discuter avec moi, me comprendre alors ils délèguent cette tâche à un parfait inconnu !". Et c'est vrai, le travail d'écoute doit d'abord et avant tout venir des parents.

 

Les parents valorisent rarement le talent de leur enfant, s’intéressent que trop peu à ce que leurs enfants souhaitent vraiment, ils ont du mal à les pousser ailleurs que vers la vie qu’ils ont eu, eux et leur parents : aller à l’école, bien réussir, obtenir le bac, puis le diplôme et enfin décrocher un boulot. Oui mais, et si l’aspiration de nos parents d’antan n’était plus celle de notre génération ?

 

Une vision du monde erronée et démodée

Les parents et les adultes sont bien incapables de sortir de leur monde imaginaire dans lequel ce système continuera de fonctionner tel qu'il fonctionne durant de longues années, que le travail tel qu'il est conçu aura toujours la même importance, que les institutions continueront de tourner de la même façon, que l'argent continuera toujours d'exister, etc. Nous n'en savons rien, nous pensons juste être sur que ce ne sera jamais le cas. Ce que l'on sait, c'est que ce système est arrivé à bout de souffle et qu'il faut réinventer autre chose. La vision de la vie de nos parents est donc complètement démodée mais continuent pourtant de nous répéter que le travail c'est important et que c'est à travers lui qu'on trouvera un avenir stable et qu'on sera indépendant.

 

Indépendant ? Leur vision de l'indépendance est faussée car être indépendant veut justement dire : ne dépendre de personne. Et dans un monde où tout est lié, c'est impossible. Pour se nourrir, on dépend des producteurs de nourriture, et d'ailleurs, on n'a aucune mains mises sur ce qu'on mange. Pour se chauffer, boire et avoir de l'électricité, on dépend de l'Etat qui nous facture ces énergies chaque mois. Pour se déplacer, on dépend des transports en commun ou des fabricants de voiture. Pour se vêtir, on doit compter sur ceux qui fabriquent nos vêtements, et les exemples sont multiples. Donc non ! La vie que nos parents proposent de nous rendent nullement indépendants car si demain tout s'arrête, nous n'avons plus rien car, à force de passer nos journées à travailler, nous n'avons plus le temps qu'avaient nos ancêtres pour apprendre à bricoler, construire et concevoir nous même des moyens qui nous permettraient d'arrêter de dépendre de tous ces facteurs pour pouvoir simplement survivre et combler nos besoins primaires.

 

En cela : "va à l'école et puis travaille" ne nous rendra JAMAIS indépendants. Ce qui nous rendrait vraiment indépendants c'est de pouvoir produire sa propre nourriture à travers la permaculture, de s'alimenter en énergies en les produisant soi-même, de fabriquer un système de récolte des eaux de pluie pour pouvoir boire, etc. C'est cela que devraient, d'abord, privilégier les parents dans l'apprentissage des choses de la vie à leur enfant. Il est aujourd'hui primordial de comprendre que ce n'est pas parce que ce sont nos parents, qu'ils auront toujours raison et que ce n'est pas parce qu'ils sont plus âgés, qu'ils ont forcément compris plus de choses.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents