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Wakeupterre

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Écologie, environnement, politique, psychologie, croyances, relations humaines, spiritualité... Un changement de société commence par se changer soi-même !


Y a-t-il une vie avant la mort ?

Publié par Aurélie Loultcheva sur 22 Janvier 2017, 21:42pm

Catégories : #Dénonciation

J'en conviens, à première vue, le titre de cet article peut paraître bizarre. La question que chacun se pose est plutôt : y a-t-il une vie après la mort ?

 

J'ai plutôt, à l'instar de Pierre Rahbi, décidé de poser la question à l'envers pour montrer que, avant de savoir ce qu'il y aura après la mort, regardons si avant ça, nous pouvons prétendre au fait de vivre vraiment.

Comment vivons-nous actuellement ?

Quand j'étais petit, ma mère m'a dit que le bonheur était la clé de la vie. A l'école, quand on m'a demandé d'écrire ce que je voulais être plus tard, j'ai répondu "heureux". Ils m'ont dit que je n'avais pas compris la question, je leur ai répondu qu'ils n'avaient pas compris la vie.

John Lennon

Lorsqu'on naît, nous imitons tous nos parents pour apprendre les premiers gestes de la vie, nos premiers mots, etc. On sait qu'un enfant, dans les premières années de sa vie a besoin d'être tout le temps aux cotés de ses parents.

 

Mais dés le plus jeune âge, on est habitué à être mis à la crèche ou chez nos grands parents. Pourquoi ? Ben, parce que papa et maman travaillent ! Dés le plus jeune âge, le jeune enfant est donc, la majorité du temps, coupé de ses parents.

 

Ensuite nous grandissons et c'est le moment de mettre les premiers pas à l'école. A l'école gardienne, nous apprenons l'obéissance, les consignes, le respect du silence mais nous apprenons aussi à nous socialiser, l'école étant tout de même un lieu de socialisation. Là encore, de 8h à 15h, nous sommes séparés de nos parents et ce, jusque nos années lycées. La majorité du temps, nous le passons donc à l'école. On peut légitimement penser, dés lors, que la majorité de notre éducation est assurée, non pas par nos parents, mais par l'école elle-même.

 

Mais bon, l'école c'est important, ça rapporte un diplôme et le diplôme rapporte un travail, nous disent-ils. Au lycée, on y apprend l'individualisme, la compétition, la concurrence entre les élèves. On nous apprend qu'il y a des élèves doués, et des élèves moins doués. Des élèves difficiles et des élèves plus difficiles, etc. Le respect des consignes est d'autant plus important lors des examens et des travaux que si elles ne sont pas respectées, on retire des points. On apprend donc à l'élève que, s'il ne respecte pas les consignes (autrement dit, s'il ne se conforme pas), il y aura conséquence punitive ! Nous sommes en cours de 8h à 16h et lorsque nous rentrons, l'heure est à l'étude et aux devoirs. Les loisirs, après. Mais bon, c'est pour notre bien, il faut mordre sur sa chique nous disent les parents. Avec un peu de chances et de persévérance, nous pourrons intégrer l'école supérieure.

 

Pour ceux qui ont réussi à intégrer les universités et Hautes Ecoles (tout le monde n'a pas cette chance évidemment, il suffit de voir le nombre de fils d'ouvriers qui peuplent ces écoles supérieures), le cycle recommence mais en pire, puisqu'il faut fournir 4 à 5x plus de travail qu'avant. Comme disent les étudiants: adieu la vie sociale. Et ils n'ont pas tord ! Désormais, on peuple les bancs universitaires de 8h à 18h et lorsque l'on rentre, pas de repos. "Si tu veux réussir à l'université, il faut travailler tous les jours car seuls les plus méritants réussiront, et crois-moi, c'est pas tout le monde qui réussit !" nous disent maintenant nos parents en reprennant les chiffres donnés au début de l'année : 10% de réussite contre 90% d'échecs afin de "tenter" de motiver leur jeune étudiant.

 

Certains prétendent, comme à leur époque, que l'université rapportera un diplôme et un travail. Les parents devenant complètement fous et obsédés concernant les études de leur enfant. Penser à autre chose que l'étude ? Non. Avoir d'autres projets que l'université dans la vie ? Non plus. Car il faut être le plus rentable possible, le plus productif, donner le plus de son temps aux études en délaissant, malheureusement, tout le reste. C'est ce que nos parents veulent. Soumis à la pression sociale, il faut bien paraître devant les collègues, il faut donc que notre enfant soit en voie d'ascension sociale en faisant de grandes études. Un enfant qui ne fait pas d'étude ? La honte, aucun parent ne souhaite cela pour lui même. Alors ils poussent leur enfant à étudier sans cesse en se fichant pas mal de ce que l'enfant ressent face à sa solitude devant ses cahiers. Il n'y a qu'à voir le nombre d'étudiants croissant en dépression. Selon les parents, les études doivent passer avant TOUT. Par là, ils ne se rendent pas compte dans quel prison ils enferment leurs enfants qui, soucieux de faire plaisir à papa maman et de ne pas les décevoir, se mettent parfois tellement de pression qu'ils ne sont même plus capables de poursuivre leurs études correctement ! Mais bon, encore une fois, il faut mordre sur sa chique, pour avoir son diplôme !

Enfin, diplôme en poche pour les plus "méritants". C'est l'heure du repos, l'heure de pouvoir enfin faire ce qu'on veut de notre vie après autant d'années passées à écouter nos profs nous parler sans pouvoir quitter notre chaise ni parler avec le voisin, nous sommes enfin libres. Ah... non : maintenant, il faut un boulot pour vivre !

 

Comme la demande est bien plus importante que l'offre sur le marché de l'emploi, et si autrefois c'était la guerre pour passer dans la classe supérieure, là c'est la guerre pour trouver un emploi. Et comme l'offre est, dans beaucoup trop de secteurs, en décroissance, le chômage augmente et comme le chômage augmente, la demande augmente alors que l'offre, elle, n'augmente pas. Le temps du : un diplôme = un emploi est désormais révolu, n'en déplaise.

 

M'enfin, il nous faut tout de même un boulot ! On accepte, donc, bien trop souvent d'être payé et d'être employé à un niveau bien en dessous de nos compétences, et ce, malgré nos années d'étude. Mais on accepte, parce qu'il faut bien se nourrir disons-nous. L'horaire n'a toujours pas changé : 8h-17h. Nos programmes sont très précis puisque pendant qu'on est au travail, on n'a pas le temps de s'occuper de nos tâches quotidiennes et ménagères. C'est donc sur le week-end qu'on se rabat, ce qui nous donne l'impression d'être toujours préssés et de n'avoir jamais le temps pour nous, ce qui est vrai ! Alors on est sujet au stresse, aux angoisses et même parfois, au burnout. Le stresse nous rend malheureux, aigri et agressif envers nos proches et nos gosses.

 

Le travail prenant tellement de place dans nos vies qu'on a plus le temps pour réellement se consacrer à autre chose. Les parents sont débordés, n'ont plus le temps de s'occuper réellement et d'éduquer réellement leurs enfants, par manque de temps. Il faut penser à tout : à manger, à se loger, à payer les factures, à faire attention au budget, à faire nos courses, nos achats, etc. C'est ce qu'on entend de la bouche de beaucoup d'adultes actuels : "je n'ai pas le temps, pas maintenant, je suis pressé, etc." ne laissant plus aucune place à l'instant présent et à la spontanéité. Tout doit être inscrit dans un programme !

 

A 65 ans, on est pensionné. On peut enfin vraiment profiter de la vie. Sauf qu'on est trop vieux pour le faire, qu'on a plus l'énergie d'antan. Tout va beaucoup moins vite, mais nos enfants de 40-50 ans, toujours dans la vie active, continuent de courir et n'ont pas réellement le temps de nous voir et de passer vraiment du temps avec nous. On finit nos jours seuls.

 

 

Voilà la vie que nous menons. Pas mal caricaturée, il est vrai, mais pas moins réelle. La majorité des gens avant de mourir regrettent : regrettent de ne pas avoir suivi leurs rêves, de ne pas avoir pu voir la vie autrement, de ne pas s'être rendu compte que cette vie n'avait pas de sens et que l'être humain est né libre pour le rester et non pas pour passer une vie entière à courir derrière des études, un diplôme et un boulot. (http://www.aufeminin.com/societe/psychologie-les-5-grands-regrets-des-mourants-s1514.html)

 

Cette façon de vivre conditionnée est malheureusement transmise de génération en génération. Les parents pensant que c'est la SEULE façon de vivre sa vie et que leurs enfants doivent être voués à mener cette vie là. Personne ne demande vraiment à l'enfant : "et toi, quelle vie veux-tu avoir". On lui demande plutôt quel métier veut-il faire ou les études qu'il compte mener, au même titre que personne ne s'intéresse à l'étudier. Personne ne lui demande si cela a du sens pour lui, si c'est vraiment ce qu'il veut faire de sa vie mais on lui demande surtout s'il a bien étudié et s'il est prêt pour son examen, tellement si sur que c'est ça qui est bon pour lui, perpétuant ainsi encore et toujours le même système qui nous empêche de vivre vraiment. 

 

Nous n'avons plus le temps, à cause de notre façon de vivre, de réellement s'informer sur le monde dans lequel nous vivons. Nous avons tout juste le temps de regarder quotidiennement le 20H sans jamais remettre en question ce qui y est dit et sous quelle forme. Nous n'avons plus le temps de savoir ce que nous mangeons, ce qui rentre dans nos cerveaux par le biais des centaines de pubs que nous croisons ou entendons chaque jour, nous n'avons plus aucun contrôle sur rien, ni sur le monde ni sur nos propres vies ! Alors s'il vous plait, au nom des générations futures qui devront habiter le monde que vous nous laisserez d'ici peu, arrêtez de nous enseigner VOTRE façon de vivre, arrêtez de nous dire quoi faire ou quoi penser car si vous n'êtes pas conscients du système dans lequel vous vivez, vous ne serez jamais conscients que la vie que vous menez et que vous nous proposez, à titre collectif, mène à un gouffre sans fin.

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